vendredi 9 octobre 2015

Je serai poète et toit poésie...

Je vous retrouve aujourd'hui pour un nouveau " Je serai poète et toi poésie". 
Je rappelle le principe: chaque vendredi je vous ferai découvrir à travers cet article un poème que j'aime particulièrement  !
Bonne découverte !




Aimons Toujours! Aimons encore !


Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit.
L'amour, c'est le cri de l'aurore,
L'amour c'est l'hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l'astre dit aux nuages,
C'est le mot ineffable : Aimons !

L'amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c'est le bonheur !

Aime ! qu'on les loue ou les blâme,
Toujours les grand coeurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l'âme
A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu'on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l'image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l'ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu'un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs. 

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n'est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l'onde
Tout ce qui n'est que vanité,

Je préfère aux biens dont s'enivre
L'orgueil du soldat ou du roi,
L'ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l'on se dit : " Qu'en reste-t-il ? "

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S'effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l'on se dit : " C'est donc fini ! "

L'amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l'amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s'éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !


                                                                                                               Victor Hugo




Voilà un joli poème d'amour qu'a écrit Victor Hugo en 1856, c'est un extrait de son recueil  Les Contemplations. 

5 commentaires:

  1. Magnifique poème que je ne connaissais pas ! D'ailleurs, grâce à toi, j'apprends que dans les Contemplations, il n'y a pas que des poèmes à connotation triste ( puisque c'est un hommage à sa fille morte noyée, Léopoldine )
    Merci pour cette découverte :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'en suis ravie ! à moi aussi tu m'apprends quelque chose, je ne savais pas que tout le recueil était dédié à sa fille, je pensais que c'était le cas que pour quelques poèmes :))

      Supprimer
  2. Super beau *-* Je ne connaissais pas du tout ce poème de Victor Hugo... Merci beaucoup pour la découverte♥ =)

    RépondreSupprimer